Le voyage un peu particulier de Gildas Maillard en Amérique du Sud


Vous reconnaissez ce petit fanion ? On vous raconte son drôle de voyage aux côté de Gildas Maillard, adhérent au SNO, souvent comité de course et adepte des régates en J22.


Le départ

L'aventure commence au club de Valdivia, au Chili, avec la préparation du bateau et du voyage.


Le club de Yates de Valdivia fondé en 1912 a beaucoup de points communs avec le SNO Nantes; il est au bord d'une rivière, collectionne les pavillons du monde entier, accueille chaleureusement ses hôtes, booste les jeunes en optimist et en laser. Ici, il y a même une activité Voile Radiocommandée." nous raconte Gildas.

Le bateau : la Marguerite

C'est un Motiva 39, une construction en acier de 12 mètres de long, dont Gildas nous dit :



Je n'ose même pas imaginer le poids. Ça change du J22...Il nous faut 15 jours pour finir les préparatifs et enfin le 12 février, nous nous lançons dans le pacifique, une belle houle et un vent faible ont raison des estomacs les plus fragiles, mais en 3 jours les tracas sont vite oubliés ! Quelques dauphins, une rencontre avec des baleines, et la pêche de quelques thons que nous transformons rapidement en ceviche font notre régal.





Le voyage


L'équipage fait escale à Juan Fernandez (île de Robinson Crusoé) pendant 36h au large de Valparaiso. Au programme de cette escale : découvertes locales et bien sûr dégustation de langoustes.

Ensuite La Marguerite fait route vers la Polynésie.

Dès le départ, nous faisons une route très nord afin d'éviter l'anticyclone situé à proximité de l’île de Pâques. Trente cinq jours de mer c'est long, très long, très très long...Mais quel bonheur d'avoir comme seule préoccupation la navigation. Deux des équipiers se passionnent pour la navigation astronomique et s'exercent à l'utilisation du sextant et es calculs nautiques. Personnellement, je préfère le GPS et la gastronomie. Il faut de l'imagination pur varier chaque repas avec toujours les mêmes ingrédients de base. Au bout de quinze jours, les fruits et légumes frais ont disparu.


L'arrivée


Avec l'Iridium, l'équipage se tient informé de l’évolution de l'épidémie.


Quand nous arrivons aux Marquises sur l’île d'Hiva Oa, le 23 mars, nous savons déjà que nous allons être confinés à bord. La navigation des bateaux de plaisance est interdite dans toute la Polynésie. Nous sommes déçus de ne pouvoir aller à terre. Nous apprenons que nous serons ravitailler trois fois par semaine. Désormais, chaque voilier envoie son annexe sur le quai pour récupérer la commande passée la veille auprès de l'agent maritime.
Marie, une équipière qui devait nous rejoindre, a vu son vol annulé trois jours avant son départ de Nantes. Sur place, les vols inter-îles s'annulent les uns après les autres.
Me voilà confiné à bord d'un voilier de douze mètres de long, mouillé dans les eaux d'une île paradisiaque au bout du monde quand le reste de l'humanité est confinée à domicile. Je ne peux pas me plaindre...

Après plusieurs jours de confinement à bord, se pose la question pour les membres de l'équipage de La Marguerite de rejoindre la métropole. Dans ce contexte d'épidémie mondiale tout est plus compliqué pour organiser un retour pour l'équipage.



La deuxième semaine d'avril m'offre une opportunité : rejoindre Papeete d'où sont organisés des vols e retour pour la métropole tous les dix jours. Nous faisons la connaissance d'un circumnavigateur solitaire, qui doit rejoindre Tahiti au plus vite pour se faire hospitaliser pour un décollement de rétine. Il refuse le rapatriement sanitaire et ne veut pas abandonner son bateau aux Marquises. J'embraque avec lui pour l'aider sur son Ovni 435. Il nous faudra six jours pour rejoindre Tahiti en traversant l'archipel des Tuamotu. Sa vue baisse un peu plus tous les jours...c'est un peu angoissant. Finalement il sera opéré le lendemain de notre arrivée et son œil est sauvé. Je reste à bord du voilier jusqu’à sa sortie de l'hôpital.

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