Récit d'un ancien SNOiste, Philippe Hartz

APRES AVOIR ECRIT MES PREMIERS CHAPITRES AU SNO, MON HISTOIRE CONTINUE DE S’ECRIRE AU LARGE


Bonjour à tous,


Je suis aujourd’hui skipper professionnel en course au large à la barre du Figaro MARINE NATIONALE – FONDATION DE LA MER mais c’est au SNO que mon histoire vélique a commencé.


Mes années SNOistes


En effet, c’est en 1989 lors de mon premier jour en école de voile au bout d’un stick d’Optimist que j’ai compris que la voile serait mon truc à moi. Je ne me souviens plus pourquoi aujourd’hui mais j’avais demandé à mes parents de m’inscrire pour une saison d’école de voile suite à l’annulation d’un stage d’été. Il faut croire que naviguer me faisait rêver !


C’est avec le recul de l’histoire que je mesure aujourd’hui la chance que j’ai eu de pratiquer notre sport. La chance que j’eus d’être tombé dans un club où les jeunes grandissent dans la bienveillance de leurs moniteurs et cadres associatifs bénévoles. La chance d’avoir des parents qui ont accepté, alors que je progressais en compétition, de m’amener toujours plus loin sur les plans d’eau de France et d’ailleurs, entre autres achats de bateaux (avec l’aide financière du club), etc...


Les succès sportifs des jeunes régatiers sont certes les fruits de leurs talents respectifs et de leur travail. Mais c’est avant tout une subtile alchimie entre des entraîneurs pertinents qui ont la confiance de tous, d’une équipe de parents qui s’entendent bien et prennent du plaisir à se côtoyer et de la passion que prennent les enfants à s’entraîner ensemble et à se tirer les uns et les autres vers le haut.

A mon sens, plus on monte en niveau et plus le facteur travail dépasse le facteur talent dans les réussites sportives.


Je me souviens aujourd’hui avec émotion des Erwan STEFF, Jimmy LE BAUT, Dominic DOUCET, Mathieu RICHARD, Fabrice JAUNET et tant d’autres adhérents du SNO qui ont jalonné ma progression sportive.

Jimmy était d’ailleurs mon préparateur sur cette saison Figaro 2021 en plus des obligations qu’il avait sur la préparation du naissant trimaran ultime BANQUE POPULAIRE.


Tant de bons souvenirs au club… Quand nous faisions croire à nos parents que c’était trop dur de remonter dans la boue les bateaux pour les mettre sur bers pour que, pressés, ils le fassent à notre place (oui, à l’époque il y avait beaucoup de boue au bord de l’Erdre à force de piétiner). Quand les parents dessalaient à peine montés dans les Optimists lors de la fête du club. Quand Dominic nous imposait d’être rigoureux sur l’entretien de notre matériel avec notre fidèle Jean-Luc, véritable homme à tout faire, qui aimait bien râler un peu derrière nous. Quand il fallait casser la glace sur le bateau l’hiver avant d’aller naviguer. Quand nous arrosions tendrement Nicole PINCEMI nous donnant les départs sur le bateau comité. Quand nous commencions à piquer un petit gâteau sur les tables d’apéro avant l’heure alors que Jean-François GUILLONNET et/ou Serge RAFFALEN annonçaient les résultats des régates de la journée. Je pourrais continuer comme ça longtemps.


Donc vous devinez bien qu’avec autant de bons souvenirs, ce n’est pas un accident si je ne suis aujourd’hui plus SNOciétaire.


Un nouveau départ au large


Lorsque je me suis engagé dans la Marine Nationale, j’ai du m’éloigner géographiquement de Nantes et j’avoue que les contraintes m’ont fait prendre un peu de distance avec la voile de compétition. La pratique de la planche à voile, du kitesurf et autres était alors plus compatible avec mon emploi du temps. Je me disais des fois ironiquement que je n’avais jamais aussi peu navigué que depuis que j’étais dans la Marine.

Lorsque j’ai voulu reprendre une licence pour reprendre la compétition en laser, j’ai fait le choix d’en prendre une dans le club local (Yacht Club des Sablettes à côté de Toulon) pour pouvoir y apporter physiquement ce que je pouvais. Bien sur, mon passé de SNOiste m’a apporté un accueil sympathique et je ne manque pas une occasion pour rappeler d’où je viens partout où je passe.


Je suis aujourd’hui à la barre du Figaro #49 MARINE NATIONALE – FONDATION DE LA MER après un début de carrière militaire bien remplie. J’ai principalement servi au sein et au service des Commandos Marine. Je me suis pleinement épanouie au sein de cette institution au service de la France dont je porte aujourd’hui fièrement les couleurs comme Eric TABARLY le fit en son temps.


Une première saison sur le circuit Figaro se fait rarement dans le haut des classements mais mon expérience acquise sur cette saison 2021 ne manquera pas de me servir sur la saison 2022. J’ai eu notamment le plaisir de renaviguer avec Adrien HARDY avec qui nous avions remporté les championnats de France et d’Europe en 420 pour le SNO en 2000. Il m’a transmis un peu de sa longue expérience au large lors du Tour de Bretagne à la voile.


Conseils pour la relève


Si j’avais quelques conseils à donner aux jeunes régatiers du club, je leur dirai :


- Le plaisir sera toujours le meilleur moteur de votre performance à venir. Sachez savourer la chance que vous avez de pratiquer un sport d’exception, qui se pratique dans un milieu exigeant mais au combien source de liberté et d’inspiration.


- Soyez respectueux envers tous ceux qui permettent votre pratique. Un simple « bonjour » au comité de course, au jaugeur ou au jury est une façon simple de signifier votre reconnaissance à ces personnes qui des fois ne régatent pas pour vous permettre de régater.

- Sachez analyser objectivement les raisons de vos succès et de vos échecs pour identifier vos principaux points faibles à travailler. Rien est écrit pour quiconque et il y a souvent plus à apprendre de ses échecs que de ses victoires !


- Soyez rigoureux en générale à commencer par l’entretien de votre coûteux matériel. Une fois qu’il a cassé, c’est trop tard ! On appelle ça l’entretien préventif. Si vous ne savez pas faire, demandez à ceux qui savent de vous montrer.


- Saisissez toutes les occasions possible pour apprendre toujours plus.


- Soyez bienveillants et exemplaires avec les plus jeunes. N’hésitez pas à aller vers eux pour répondre à leurs besoins.


-N’oubliez pas qu’après avoir pris, il faut donner. Les jeunes champions d’aujourd’hui sont les moniteurs et entraîneurs de demain…


Finalement, la devise du Sport Nautique de