• Francine Picault

Benoît MARIE navigateur, ingénieur et confiné comme nous conte l'histoire de son voilier "labo"

Mis à jour : mai 3


Benoît Marie aux championnats du monde 2019 de Moth à Perth | 📷©Martina Orsini

Benoît Marie, licencié depuis de nombreuses années au SNO Nantes, m’a accordé quelques minutes de son temps pour me parler de son confinement. Ce skipper de 33 ans est doté d’une double casquette : navigateur et ingénieur. Il navigue sur différents supports, mais tous à foils : Moth international, classe A, ETF26 et en Ultime… Ces différents bateaux lui permettent de progresser techniquement aux côtés des meilleurs marins de la planète dans leurs catégories. Le confinement l’a stoppé dans ses projets sportifs. Il devait faire une saison de mai à septembre en Moth international pour finir avec le mondial en Angleterre en septembre. Mais tout est remis en question sans savoir si course il y aura. En attendant, il se confine près de Lorient avec son amie… Et ses bateaux.

Benoit MARIE à sa table de travail

Si Benoît est un peu inquiet sur les conséquences de la crise pour le monde de la voile qui vit grâce aux sponsors, il en profite surtout pour préparer la saison a venir avec un nouveau Moth intensivement optimisé en aéro et hydro-dynamique, en structure, avec des nouveaux foils et un gréement amélioré.

« C’est difficile, rester à l’intérieur n’est pas dans mon habitude et ma vie de nomade me manque. »

Habitué des circuits internationaux, il voyage beaucoup et ses copains et l’adrénaline des régates lui manquent énormément… Mais son côté battant et positif reprend rapidement le dessus et il profite de ce temps pour faire une introspection et voir ce qu’il peut améliorer dans sa pratique sportive et professionnelle. Benoît soucieux de l’environnement a créé un bateau high tech construit de manière éco-responsable car à partir de pièces et matériaux recyclés à 90%.


« Ce voilier sera un laboratoire pour tester les foils des voiliers de courses au large comme les Mini 6.50 et autre IMOCA mais a échelle réduite, ce qui permet de réduire temps et coûts des cycles de design, tout en permettant la validation au réel du comportement de ces bateaux aux appendices évoluant vite depuis quelques années. Faire du high tech avec des déchets c’est possible mais ça demande de repenser la filière et la conception.
J’ai à cœur de prouver que c’est possible en apportant des solutions concrètes ! »
Benoît MARIE devant son voilier "laboratoire"

Il termine en espérant vraiment que cette épreuve va nous amener à une vraie remise en question de notre mode de vie … Trouver des solutions pour améliorer notre impact sociétal est pour lui un objectif urgent ! Mais pour l’instant, il n’a qu’une hâte : retourner naviguer!

Merci Benoît.



EN DIRECT D'INSTAGRAM

©2020 par SNO Nantes